PayLead Pulse : la consommation (et la crise) en France vue au travers de nos achats

PayLead Pulse : la consommation (et la crise) en France vue au travers de nos achats

L'indice PayLead Pulse décrypte les évolutions de l'économie à travers l'analyse des transactions bancaires des français

Alexis Deudon
Alexis Deudon

Prendre le pouls de notre économie, jour après jour

Chez PayLead, nous développons depuis 2 ans une technologie inédite d’analyse des données d’achats. D’ordinaire, nos data scientifiques seraient donc entièrement concentré sur l’amélioration des algorithmes qui la composent, pour par exemple recommander des offres de reward toujours plus pertinentes à nos utilisateurs.

Cependant, la crise actuelle relègue toutes ces tâches au second plan. Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de vous soigner, ni de subvenir à vos besoins essentiels, ni d’assurer le suivi scolaire des vos enfants… Nous pouvons néanmoins vous accompagner sur un point : en vous donnant le pouls de la consommation en France, qu’il s’agisse de vous changer les idées, de quantifier l’impact des files d’attente que vous croisez dans la rue, d’aider le décideur que vous êtes...

Vous trouverez ici plusieurs statistiques liées à la consommation des Français en cette période de crise, mises à jour chaque semaine. Nous vous proposons aujourd’hui 8 visualisations et continuerons d’enrichir cette page par la suite.

Nous sommes évidemment preneurs de vos retours et propositions (à contact@paylead.fr), et vous souhaitons une bonne lecture !

Aide à la lecture

Ces statistiques :

  • ont le plus souvent comme référence (base 100) la première semaine de janvier
  • sont “sectorielles”, chaque secteur étant défini par ses plus grosses enseignes
  • ont 6 jours de “décalage”, certaines banques mettant du temps à remonter la donnée
  • sont retraitées de l’effet “week-end” (on observe en effet en temps normal un gros pic de consommation le samedi et une * grosse chute le dimanche, rendant illisibles des statistiques quotidiennes). Nous avons corrigé nos indices de cette saisonnalité hebdomadaire

Les graphiques

Mise à jour le 25 juin, les derniers achats enregistrés datent du 17 Juin

En quelques mots :

  • Retour au schéma de la semaine classique, avec des dimanches encore plus marqués, dû à la reprise de la vie courante la semaine mais à l’arrêt prolongé des loisirs du weekend.
  • Après quelques semaines avec une moyenne au dessus de sa valeur pré-confinement, la consommation alimentaire semble maintenant s’être re-stabilisé vers des valeurs pré-confinement.
  • L’ouverture des terrasses au 2 juin combinée à une météo clémente ont fait un bien fou au monde de la restauration, retrouvant ainsi une valeur similaire au pré-confinement. Notons toutefois que même si cette valeur retrouvée est un soulagement pour cette industrie, la consommation aux restaurants en cette saison devrait être largement supérieure à celle de début d’année.
  • L’achat d’articles de bricolage semble désormais s'être stabilisée autour de +50% par rapport à son niveau du premier quart de l’année après un augmentation spectaculaire observé en mai dépassant de plus de 100% le niveau enregistré avant le confinement.
  • l'indice de transports longue distance est toujours en berne, qui s’explique par une situation sanitaire dans tous les pays européens encore trop instable pour y redévelopper le tourisme mis en pause durant la crise de la COVID.
  • La hausse des retraits en début de mois a été partiellement retrouvé en Juin (30% de moins que celui de début Mars par exemple). On reste quand même très en dessous des valeurs noté en début d’année: depuis la fin du confinement, on observe une reprise douce, qui s’est stabilisée à un plateau de -30% par rapport à l’avant confinement.

1. Consommation Totale

Il s’agit de l’ensemble des dépenses par carte, tous secteurs confondus. Depuis le début de la crise, nous observons maintenant 4 temps très marqués :

  • une hausse (jusque +50%) par rapport aux tendances de consommation normales les 13 et 16 mars (jour de l’annonce du confinement)
  • une baisse jusqu’au 22 mars
  • une légère remontée pour stagner autour de -30% pendant le confinement
  • un retour aux niveaux de consommation stables observés avant le confinement, avec toutefois une baisse de 10 % par rapport au premier trimestre de l'année

De manière plus fine, on observe un motif hebdomadaire durant le confinement différent de celui pré-confinement.

Ce motif correspond à un étalement des dépenses au cours de la semaine, avec une meilleure répartition entre le lundi et le samedi. Les dimanches sont quant à eux bien plus prononcés qu’auparavant.

La période de confinement aura été caractérisée par une consommation totale en deçà de 26% par rapport au début de l’année. Depuis la fin du confinement, la consommation a repris et grimpe doucement pour atteindre -10% seulement par rapport à la période pré-confinement.

Depuis le fin du confinement, la consommation a repris et grimpe doucement pour atteindre -10% seulement par rapport à la période pré-confinement.

Les routines d’achat des Français ont aussi évolué : la majorité des dépenses, durant le confinement, a été largement effectuée en semaine, les week-ends connaissant une importante baisse des transactions. En revanche, avec la fin du confinement, ces routines se sont à nouveau inversées. On observe sur le graphique que les Français font en grande partie leurs achats alimentaires les samedis, comme auparavant.

Le premier samedi de juin, premier weekend avec les restaurants à nouveau ouverts, correspond à un maximum de consommation jamais atteint depuis la fin février. Le samedi suivant a été un peu moins marqué, mais on peut clairement ré-apercevoir le rythme hebdomadaire de consommation des Français, avec un pic le samedi, une chute le dimanche et une accalmie en début de semaine. Notons toutefois que les baisses dominicales sont plus prononcées qu’avant le confinement : la vie quotidienne a repris normalement mais les loisirs, les sorties ou encore le tourisme qui contre-balançaient les fermetures du dimanche, ne sont pas encore revenus.

2. Alimentaire

Ce secteur regroupe l’ensemble des achats effectués par CB dans les petites, moyennes et grandes surfaces.

De nombreux médias ont fait part d’une tendance à la surconsommation les premiers jours du confinement. On a observé en effet +85% la journée du 13 mars et +140% la journée du 16 mars. Après ces pics, la consommation alimentaire a marqué le pas pour revenir à un niveau normal.

On a noté toutefois un comportement d’achat différent avec des amplitudes moins fortes entre semaine et week-end ou les dépenses alimentaires a été réalisées pendant la semaine.

La période de confinement aura été caractérisée par une consommation alimentaire supérieure de 5% par rapport au début de l’année. Il n’y a donc pas eu une très forte augmentation des dépenses comme on aurait pu le penser au vu des premiers pics de consommation de mi-mars.

Après quelques semaines avec une moyenne au dessus de sa valeur pré-confinement, la consommation alimentaire semble s’être désormais stabilisée autour de valeurs qui correspondent à ce que l’on pouvait observer en milieu de mois avant la crise.

3. E-commerce

Il s’agit ici de l’ensemble des achats effectués sur Internet, quel que soit le secteur. Contrairement à ce que l’on a pu lire ou entendre sur les évolutions du E-commerce durant le confinement, notre indice révèle une baisse puis une stabilisation des transactions autour de -25% jusqu’au 16 avril, jour de fermeture des entrepôts de la société Amazon.

Cette mesure avait provoqué une forte baisse des transactions Amazon, impactant massivement notre indice E-commerce. Il s’était alors stabilisé autour de -40%. Il est aujourd’hui remonté.

La période de confinement qui se termine s’est caractérisée par une consommation dans le E-commerce en deçà de 13% par rapport au début de l’année. A noter que la consommation n’a pas été égale au long du confinement.

4. Restaurants

Sans surprise et du fait des fermetures des restaurants, la restauration traditionnelle est restée très proche de 0 tout au long du confinement.

Seuls les services de livraison ont continué de fonctionner, sans pour autant tirer leur épingle du jeu.

Avec la fin du confinement, les grandes chaînes de restauration ont pu ouvrir à nouveau et offrir des services de vente à emporter ou de livraison en propre. L’indice a bondi et s’est stabilisé à 80% de son niveau d’avant-confinement, ce qui correspondait alors à l’activité partielle des restaurants, qui ne pouvaient accueillir en salle.

L’ouverture des terrasses le 2 juin, combinée à une météo clémente ont fait beaucoup de bien au monde de la restauration, qui retrouve des niveaux similaires à l’avant-confinement. Notons toutefois que même si cette valeur retrouvée est un soulagement pour les restaurateurs, la consommation pour cette industrie en cette saison devrait être largement supérieure à celle de début d’année.

5. Livraison, Nourriture à emporter

Dans les derniers jours du confinement, la consommation de livraison de plats à domicile a grimpé. Avec un pic à +95% le 5 mai, la tendance est quant à elle supérieure de 35% par rapport à la période de l'avant confinement. Cette augmentation est probablement dûe à une progressive réouverture des restaurants, qui proposent leurs plats en livraison.

Avec le déconfinement, la progression s’est accélérée pour réaliser un pic à +60% par rapport à l’avant confinement, puis s’est stabilisée à +50%. Les plateformes de livraison a profité de la réouverture des restaurants qui n'ont pas pu accueillir de clients et ne pouvait donc que livrer à domicile ou vendre à emporter. Au 28 mai, alors que les restaurants ne pouvaient toujours pas accueillir en salle, la consommation de livraison de repas a augmenté à +38% par rapport à l’avant confinement.

Après les premiers jours de juin, la croissance de la consommation reste toujours très rapide en comparaison avec le début de l’année. Elle semble néanmoins être revenue sur des valeurs dans le même ordre de grandeur que durant le mois d’avant confinement.

6. DIY, Home et Jardin

Après une baisse d’environ 80% à la suite du confinement, les magasins et sites E-commerce de bricolage / jardinage se sont peu à peu organisés pour faire face à une importante demande.

Durant le confinement, l'indice a grimpé progressivement pour atteindre des niveaux supérieurs à 45% à l'avant-confinement. La réouverture graduelle des magasin de bricolage à partir d’avril explique la constante augmentation de cet indice pendant ce période.

Après le confinement, les achats d’articles de bricolage ont atteint un niveau spectaculaire, dépassant de plus de 100% le niveau enregistré en mars avant le confinement. Après la hausse importante observée fin mai, la consommation a chuté et semble désormais s'être stabilisée autour de +50% par rapport à son niveau du premier quart de l’année.

7. Mode

Pendant le confinement, la consommation de Prêt-à-porter s’est stabilisée à -75% par rapport au mois de février, avec une persistance des ventes en ligne qui a assuré que la consommation ne tombe pas à zéro.

Le déconfinement a marqué une reprise du Prêt-à-porter, avec deux pics le 12 mai et 19 mai, portés par la réouverture des magasins de vêtements et des centres commerciaux.

La consommation, très marquée par les week-ends, se stabilise en moyenne hebdomadaire à -25% par rapport au mois de février. La reprise n’est ainsi pas aussi forte qu’on aurait pu l’espérer pour le moment. Les files d’attente ainsi que les limites de capacité par magasin freinent potentiellement les Français dans leurs habitudes d’achat.

8. Transports longue distance

L’indice de transport longue distance comprend les dépenses de déplacement (péage, essence, train, covoiturage, car, avion).

Pendant le confinement, le niveau de cet indice était inférieur de 85% par rapport à l’avant confinement, du fait de la faible mobilité des Français. Les déplacements longue distance reprennent cependant doucement depuis le début du mois de mai, et l’indice grimpe difficilement pour se situer maintenant à -60% par rapport à l’avant confinement.

On remarque aussi que le pic de chaque début de mois n’a pas été retrouvé pour le mois de juin.

Cet indice est toujours en berne, ce qui s’explique par une situation sanitaire dans tous les pays européens encore trop instables pour y relancer le tourisme, mis en pause durant la crise de la COVID.

Après 3 mois de fermeture, les frontières françaises ont réouvert le lundi 15 juin. L’aéroport d’Orly, quand à lui, s’apprête à reprendre ses activités le 26 juin.

9. Retraits en Distributeur

Cette indice mesure les retraits d’espèces en distributeur et reflète donc les dépenses du quotidien réglées en liquide.

Les retraits se sont effondrés durant le confinement, cette chute s’expliquant à la fois par la baisse de consommation générale mais aussi par l’application des gestes barrières.

La hausse habituelle des retraits en début de mois a été partiellement retrouvé en juin (30% de moins que le niveau de début mars par exemple). On reste toutefois très en dessous des valeurs observées en début d’année. Depuis la fin du confinement, on observe une reprise douce, qui s’est stabilisée sur un plateau de -30% par rapport à l’avant confinement, les paiements par carte étant certainement considérés plus sûrs en termes d'hygiène que l’argent liquide.